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Sujet
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Oui j’ai orpaillé au fonds de moi,
La paillette songée maintes fois,
Or sa dure quête n’en finit jamais,
Rien dans l’eau sale et le gravier,D’un hasard qui tombe chaque nuit,
Et qui se relève chaque matin sans bruit,
Les yeux fermés, je l’entends à ma porte,
Réclamant avec vigueur que je sorte,
…
Ces batées qui durent toute une vie,
Sans pause au labeur incertain et infini,
Un soi contre soi ou fort ne compte pas,
Mais juste la ténacité à suer pas à pas,Tenir debout, tomber et encore se battre,
Pour quelques rares victoires jaunâtres,
Hors de l’eau et garder de quoi respirer,
Ne pas sombrer et vouloir encore inspirer,Les yeux ouverts vers la dorure du soleil,
Le pire ennemi est un soi qui sommeille,
Se dompter inlassablement chaque jour,
Jusqu’à la pépite d’une folie sans retour,Cette bataille intérieure de quelques répits,
Aucunes victoires définitives, sinon le prix,
De se sentir du sang de l’obstination,
Dans nos veines de la domination,Et ce bout qui sans cesse recommence,
Mais avec la gloire enivrant chaque sens,
Car d’avoir pu dresser la bête que l’on est,
Et de l’écraser des cendres d’où elle renait…LeCrieur…
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