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Poème partagé par Noel-Opan – création poétique en ligne
Un brave paysan, au parvis du génie,
Se demandait encore à quel saint se vouer.
Son échine brisant, mais son âme bénie,
Il priait le décor pour ne point échouer.« Travaillez dans la peine » avait dit un oiseau
Qui faisait de l’humour un principe de vie.
Voyez en la fontaine une source pour seau
Qui fait du calembour une fable servie.Le gaillard averti se remet à la tâche
Et s’en va sur le champ s’occuper d’attelage.
Aussitôt converti le voilà qu’il attache
Six mulets chevauchant un timon de halage.Sans perdre un instant le projet d’épater,
Notre vaillant routard se met à son navire.
Il s’arme d’un sextant et puis s’en va bâter
L’équipage bâtard qui ne veut le servir.Toute la basse cour lui chante son cantique
Et vole de son zèle à crier sans relâche.
On comprend son détour, si peu acrobatique,
Quand sa femme le hèle agitant sa cravache.Ne feignant pas son heur, il chante son refrain,
Celui que le curé lui a si bien servi.
Le champ est son bonheur et il le dit sans frein
Partant, l’air déluré, pour œuvrer à l’envi.Sa tâche fut très dure avec ses six mulets
Car les bêtes têtues modifiaient leur allure.
Une motte en bordure ameutait ces valets
Qui, brides abattues, se battaient l’encolure.« On n’est pas bien servi par des êtres sans foi »
Se dit le laboureur qui fouille son esprit.
Mais le voilà ravi d’avoir trouvé pourquoi
Le mulet n’est coureur qu’en y mettant le prix.
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