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Sujet
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Qu’en dis-tu mon amie, si ce soir je déclare
N’écrire que pour toi, que pour moi… Au revoir
A tous ceux qui m’ont lu sans jamais deviner
Que le sens de mes vers se cachait sous leurs pieds.
A tous ceux qui n’auront pas fait le moindre effort
Pour découvrir en moi leur intime trésor,
Comme si mes quatrains n’avaient pour ambition
Que de peindre les murs de ma propre maison.
Puisque j’ai compris que toi seule me comprend,
Je confie mon talent, désormais, au néant
Afin qu’il parte ailleurs, loin du coeur loin des yeux
Qui espèrent me voir sans se regarder, eux.
Rappelle-toi les mots de ma douce autopsie !
Combien sont-ils depuis à savoir qui je suis :
Ô miroir insolent – qui, parmi mes lecteurs,
Demeure le plus beau, si ce n’est (moi) l’auteur ? –
En bourreau de tes lignes encore à la peau blanche,
(Est-ce un coup de génie issu d’un coup de chance ?)
Gicle enfin de ma plume en parfait égoïste
Ce qui reste invisible au regard de l’artiste.
"Le monde a soif d'amour : tu viendras l'apaiser." A. R.
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