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Poème partagé par Noel-Opan – création poétique en ligne
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Il s’était endormi sans penser lendemain,
Enfoncé dans sa couche évidée et sans âme.
Dans son rêve il se vit tout au bout du chemin
En tant que vieille souche écornée et sans fâme.Or ce gars de labeur, qui vécut de sa forge
Etait bien le dernier à donner du soufflet.
A son âge, à cette heure, aux dires de sa gorge,
Il ne pouvait nier qu’il fut drôle mouflet.Demain sera peut-être
Le bout de son destin ;
Et le jour à paraître
Le prive d’un festin.Dans son lit, le vieil homme est en proie aux voix sombres
Quand rien aux alentours ne vient le secourir.
Il ne voit que brouillard et des tas de décombres
Restes feus des amours qui, morts, le font souffrir.Autrefois au village il sonnait de l’enclume
Animant la ruelle où grouillaient les badauds.
Maintenant son courage a perdu du volume
Et s’est, las, fait la belle en laissant des fardeaux.Cependant tout soudain
Un recours se dessine
Une sorte de main
Qu’il ressent et devine.En son songe de nuit un rai venant de lune
Transperce les volets de son home ennuyeux.
Il se sent reconstruit par ce trait de fortune
Qui lui tend ses filets aux filins si soyeux.Lors notre homme soudain oublie tous ces tracas,
Ce passé soucieux qui l’avait isolé.
Et un luth fort badin lui donne sans fracas
Un air venu des cieux et d’un port étoilé.A l’œuvre de ce charme
Une muse en beauté
L’émeut et le désarme
Il est tout enchanté.Depuis cette nuit-là, notre vieux forgeron
Façonne des outils pour fendre les ennuis.
Depuis son galetas on voit vers l’horizon
Des destins aboutis et des rires gratuits.La muse était donc fée aux caprices malins
Qui, d’un fer à cheval, avait fait sa baguette.
Elle était assoiffée de bonheurs enfantins
Et l’homme moins bancal se remit à la fête..Fâme : réputation en vieux français
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