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Poème partagé par candidao – création poétique en ligne
-IVRESSE-
Il me faut urgemment un cocktail qui détone
Pareil à l’ouragan qui ma jeté atone
Dans les murs avinés de ce temple omnibus
Où tous sommes enfants naturels de Bacchus.C’est trop dire qu’ici l’esprit fût à la fête
A voir mes compagnons se méprendre de quête
Muets comme les dieux et le regard bovin
Confinant dans le spleen toute l’âme du vin.Dès-lors en un soupir je me fais philosophe
Et fais sur le comptoir l’étude d’une strophe
Pouvant me léviter sur l’occulte versant
Du roc des persanes en pays musulman.Le verre revolver j’exhume mon Khayâme
Et déclame aboyeur un quatrain à la dame
Qui m’affirmait n’avoir de soleil qu’Aragon
Et de lune qu’Elsa à l’âge de nylon.Mais qui dit vénérer les fredaines du mâle
Quand-bien même tenant de l’essence animale
Surtout ceux qui narrés sans le moindre détour
Engendrent un amour torride chaque jour.Et qui pour moi voudrait être Cybèle enceinte
D’une nouvelle muse aux verts reflets d’absinthe
Le blanc-seing prometteur d’un bouillon jouissif
Qui ferait Mallarmé tout rimeur compulsif.Un lait noir pour doper la plume saxifrage
Qui s’en prend non au roc mais à la vierge page
Y assurant ainsi la défloration
D’un syllabus en mal de reconversion.Qu’il est doux d’affubler loin de la gaudriole
D’un callipyge atour ma maigre gloriole
Et damner peu-à-peu cette dévotion
Que j’ai comme bigot pour l’inhibition.-DELIRE-
Mâcher des vers vides et d’autres pleins de rides
Trognons amanites fulvas et phalloïdes
Brunes et vireuses le tout sur un quignon
Je n’ai plus pour mortel que ce péché mignon.Vides tel Manneken-Pis qui ré-initie
D’antiques continents jaloux d’une vessie
Qui fit des tsunamis sans inondation
Et qui y va sans peur de quelque ablation.Et pleins comme suer un soleil d’Algérie
Sur toutes les isbas gelées en Sibérie
Et des dattiers hennés d’où l’on goûte sevrés
Des fruits édéniques pour Adam désœuvrés.Fauves et non fauves plutôt flore que faune
Sont vénéneux les mots que l’on mesure à l’aune
D’un amour dont le vin est ultime secours
Lorsque doute le sein de son propre discours.Phalloïdes ainsi que d’orales annales
Que soufflent les totems des tribus bacchanales
Sur le bateau ivre d’un truculent Rimbaud
Sur le bateau-lavoir ou tout beau paquebot.Brunes les gazelles timides des tropiques
Brunes également ces blondes germaniques
Fana de leurs nazis de maris enfumant
Toutes les étoiles brillant au firmament.Vireuses voyelles dans la lie du verbe
Monte un rond de fumée fait d’eau de vie et d’herbe
Rappelant le poison au fumeur patenté
Qui fit que fut l’éther de poètes hanté.Oui, c’est ainsi que moi je bois à la manière
D’un poète soufi avide de lumière
Qui façonne des cœurs de glaise et de bois-vert
Et chante la genèse à big-bang découvert.Mais je suis déjà soul…
Et je suis vraiment soul, soul à lâcher l’obole
Et lancer mon verre comme le discobole
Dans les nuits stridulées par le chant d’un grillon
Laissant libres mes vers de tracer leur sillon.Dans l’œuvre du Rahman et le cœur de ma femme
Etouffant un grand feu, ravivant une flamme
En poète qui trinque à la création
Et en mortel qui vit sa résurrection.Pri?re ne pas remonter mes anciens textes, merci
Le tagastin: quand on vit d'amour et de vers, il faut assumer ses coliques!
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