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Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne
I
J’aime mon Nivernais, si manque la grandeur
Des espaces alpins ou des côtes bretonnes,
Il montre ses couleurs nobles en profondeur
Sous les dehors flambants des printemps, des automnes.
O cher pays, ô tendre asile souriant,
Refuge de mon coeur farouche et accueillant,
Un espace immobile, égal et sans dommage
Dans lequel je retrouve un peu de mon image.
Et que les ans passant me labourent le front,
Que tristesse ou malheur en penser me déchire
J’irai toujours chercher une enfance, un sourire
Au creux de ma province et loin de ce goudron
Ou bitume qui vêt les belles esplanades
Que je glorifiais pour quelques escapades.II
Parmi les prés bordés de fluides largeurs,
Entre les ormes morts qui finissent dans l’âtre,
Paissent sereinement les ruminants songeurs
Sur l’herbage posés comme des rocs d’albâtre.
Vagabondent les eaux dans les terrains forcés,
Ralentissant au gré des dévers espacés,
Notre Loire étendue, une vierge un peu leste,
Etire indolemment son écharpe céleste.
Tel un réseau sanguin irrigue un corps humain,
Des sentiers par milliers sillonnent les futaies,
Aux fidèles moissons des graines et des baies,
La Nature nous tente en se donnant la main,
Car l’esprit de métiers, de corps et d’alliance
Est dans chaque foyer logé sans méfiance.
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