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Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne
I
Paisible est ma contrée au fond du cœur français
Qui, des yeux du progrès, pudiquement, se voile,
Alcôve délicate et loin de ses excès,
Sur la première marche au degré de l’étoile.
Vous ne trouverez pas l’extrême en mes berceaux,
Entre l’embrasement des élans provençaux
Et la froideur de plus nordiques colonies,
Par ses revêtements naissent les harmonies.
De leur source vêtus des langes virginaux,
Fuyant l’érosion, les vices, les tumultes,
Mes terroirs ne seront, enfants, jamais adultes;
Comme leur temps passé s’écoule sur canaux
Ils gardent la fraîcheur et l’essence champêtre
Des petits bourgs nombreux où l’on est fier de naître.II
Aussi loin que les yeux caressent l’horizon
La robe de la Nièvre et du Morvan s’étale
En un bal costumé que change la saison
Où brillent les hameaux comme une capitale.
Regardez-les couchés dans les vallons béants,
On dirait la nichée à des oiseaux géants,
Ces bâtiments serrés que le clocher aimante
D’où semble s’échapper la ferme dissidente.
Et pas un qui ne soit sans la protection
De forteresses plus ou moins monumentales :
L’Esprit moyenâgeux des sources féodales
Se prolonge malgré la Révolution.
Ainsi vit mon terroir dont je fus le gavroche
Né d’un Jura lointain et du Berry tout proche.
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