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Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne

J’aime voir le soleil décliner au lointain,
Ne plus être le roi de l’été, qu’il se presse
A dévaler la pente où meurt la sécheresse
Et lustrer en retard les vapeurs du matin.Octobre a les langueurs d’une femme lascive
Après l’embrasement des sens et du plaisir,
Cet instant fabuleux qu’il faut vite saisir
Avant que la saison des froids ne le proscrive.Et les nuits s’étirant comme des fleuves longs
Me font reconquérir la douce quiétude
Que l’été lumineux et flamboyant élude
Des sentiers parcourant les bois et les vallons.Quoi de plus somptueux qu’une forêt qui mue ?
Qu’un arbre se parant aux brins de ses rameaux
D’ornements, de bijoux, de perles ou d’émaux ?
Rien ! Malgré le nid vide et les heures perdues.Car le Temps qui m’expose un canevas si beau,
Ne cesse d’oublier sa course sans limite ,
Me brusquant avec joie et félicité vite
De toute son ardeur au devant du tombeau.C’est l’esprit de ma vie au paradoxe étrange
Que d’aimer cet automne et de se voir vieillir,
Sans disposer du choix, il me faut accueillir
Un an de plus sous l’or, le cuivre et les louanges.Le rite reparaît des semblables décors
Comme se libérant d’un vieux théâtre antique
Et ce mois qui m’a fait une aube chaotique
M’exige une rançon pour ses riches abords.
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