Bonjour poétal
le e ne se prononce pas à la fin d’un vers comme le mot élégance on dit que le e reste muet
Le « e » muet est très fréquent dans notre langue française. Il en fait sa particularité et aussi sa beauté.
Cette voyelle non prononcée vient prolonger harmonieusement le mot, d’un son entendu par l’esprit mais non par l’oreille. Exemple :
Le tonnerr’ grond’. Il tonn’.
Les sonorités finales de ces mots roulent encore dans notre tête, bien mieux que si l’on prononçait :
Le tonnerre gronde. Il tonne.
(Bien sûr, dans le midi on ferait sans doute chanter ces voyelles finales ! Mais il s’agit là d’un particularisme régional qui ne suit pas la prononciation courante)
Tout ce préambule pour dire qu’en poésie ce « e » muet peut poser problème et se trouver à l’origine de nombreuses erreurs de versification classique.
Car le « e » muet, ne compte pas pour une syllabe à la fin du vers, mais par contre, à l’intérieur du vers, il devra être élidé(*), sinon il sera comptabilisé comme une syllabe réelle.
De plus, un « e » muet non élidé sera donc prononcé, alors que le langage courant ne le prononce pas. Bien sûr, ce n’est pas une faute réelle, mais cela nuira à l’harmonie générale du vers.
Pour reprendre le petit exemple, s’il n’est pas usuel de dire :
Le tonnerre grond’.
rien n’empêche de l’écrire ainsi en poésie classique, mais il faut bien comptabiliser cette syllabe.
(le-ton-ner-re-grond’ = 5 syllabes)
Comment élider ce « e » muet à l’intérieur du vers ?
Deux possibilités :
– le mot suivant commence par une voyelle, et dans ce cas c’est cette seule voyelle qui sera prononcée et comptabilisée comme syllabe. exemple :
Le tonnerr’ éclat’. (le-ton-ner-r’é-clat’ = 5 syllabes)
– le mot suivant commence par un « h muet », donc non prononcé (on en reparlera). On retrouve alors le cas précédent, du mot commençant par une voyelle, puisque l’ « h » ne compte pas. exemple :
Le tonnerr’, humeur du ciel. (le-ton-ner-r’hu-meur-du-ciel = 7 syllabes)
Précisions supplémentaires.
– dans un alexandrin (classique), on marque une respiration à l’hémistiche (milieu du vers).
L’élision des « e » muets est obligatoire à cet endroit en versification classique.
– l’élision est obligatoire si le « e » final est précédé d’une ou de plusieurs autres voyelles, comme les mots se terminant par :
aie, ée, eue, ie, oie, oue, ouie, ue, uie
S’ils ne sont pas élidés, ces mots ne peuvent se situer qu’a la fin du vers.
Si ces mots sont au pluriel, ils ne peuvent pas être élidés. Il devront donc figurer en fin de vers.
– au milieu d’un mot le « e » muet n’est pas comptabilisé lorsqu’il est précédé d’un voyelle.
On le considère seulement comme allongeant cette voyelle. Exemples :
gaie-té, dé-voue-ment
– les terminaisons des verbes en « ent » sont un cas complexe qui mérite un sujet spécifique
(*) élider, élision : suppression de la voyelle finale d’un mot à la lecture
Voila voila …