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Sujet
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Ô mon ami, mon noble et généreux geôlier
Ton offre est un festin que les dieux envieraient.
J’ai vu monts d’émeraude et fleuves de saphir
J’ai goûté le nectar que l’on donne à mourir.J’ai embrassé la gloire et l’or de tes palais
J’ai bu le vin des nuits que tu m’avais rêvées.
Mais sache, cher donateur, le cœur de l’absence
Est plus vaste et profond que toute une abondanceCar ce monde où le clic ouvre sur un trésor
N’est qu’un coffre plus grand qu’une nuit dans le Nord
j’ai porté la couronne et le manteau d’airain
J’ai jugé le passé, dessiné le cheminJ’ai commandé l’hiver d’un jour au lendemain
J’ai tenu l’’univers dans le creux de ma main
Et pourtant, quelle est donc la mesure du vide
Face au luxe infini de ce destin splendide ?L’étalon de platine ne peut mesurer
L’ombre que le destin cherche à me procurer
La Joconde est sourire sur toile de lin
Mon âme n’attend plus l’aube d’un jour sans fin.Ces batailles du passé ces chutes bruyantes
Ne sont qu’un bruit de fond pour celui qui entend
Le silence du rêve en promesse volée
La beauté n’existe que pour être cherchée.Je te rends la fortune et tous tes pouvoirs
Laisse-moi l’horizon libre de tout avoir
Rassure-toi, mon frère, le vrai solitaire
Est celui qui du sommet, revient sur la terre.Je préfère y attendre le miracle à la prise
Je préfère l’ébauche à toute chose acquise.
Je m’assois sur ton banc, mais j’y suis sans repos
Car ton tapis volant ne va jamais si haut
Que ce rez-de-chaussée où je reste à niveau.
"Ce qui a le moins vieilli en moi c'est ma jeunesse"...Et il escaladait l'échelle qu'il avait appuyée ? rien pour aller marier une girouette au vent .
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