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Sujet
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Le long fil de ma vie dérive dans des eaux
aux chevelures vertes peignées par les courants,
des âmes découvertes dans un ru cascadant
éclaboussent d’envie les rives et les hameaux.Sous une pierre polie, ruisselée, ébahie,
une gaie saumonette ébrouait ses branchies,
ses écailles fluettes et toutes endormies
miroitaient la folie d’un poisson, son ami.Ses beaux yeux arrondis vers les cieux verticaux
traversant le miroir voyaient en vaporeux
l’ombre profilée noire d’un pêcheur paresseux
dont le long fil de vie dérive dans des eaux.Saumonette de nom et de réputation
riant souvent sous cape, en cela un peu carpe
notre belle saumonée au goût plus doux que harpe
à ce pêcheur d’avril préparait un poisson.Tournant puis minaudant la nageoire en alerte
l’ingénue poissonnée harangua le bouchon
qui de la voir si belle s’enfonça de frissons
réveillant par là-même le pêcheur en pure perte.Mais l’ennui revenant à notre jeune élève
qui bailla quelques bulles, recoiffa ses arêtes
retournant dans les fonds peu profonds de nos rêves
où le long fil de vie jamais ne s’y arrête.
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