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Sujet
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Poète affamé n’a point d’âme.
Ainsi le racontent des veaux,
Qui retiennent le chantre infâme,
Dans un recoin de leur cerveau.Dans un pré à veaux de rivière,
Un poète en fièvre de veau,
Cherchait à plaire à la bouvière,
Tant le printemps est renouveau.Enjambant les arrête-bœufs,
Faisant pied de veau et manières,
Il tournait autour de la meuf
Qui vraiment ne s’en souciait guère,Car les bouvières d’aujourd’hui,
Formées aux meilleures écoles,
Ne donnent plus veau gras tout cuit,
Au premier barde qui les frôle.Le Lourd s’étendit comme un veau
Sous l’ombre tiède d’un grand charme,
Se rafraîchit d’une eau de veau,
Quand il ouït tout près des larmes.Un veau tenait concert,
Au poète agacé.
Serait-il plus disert,
S’il cessait de hurler ?« Passe encore de pleurer,
Mais brailler comme un veau !
C’est bien à déplorer,
Pour un veau si costaud !Vous seriez veau de lait,
Qui tête encore la Belle !
Où encore veau de laid,
Qui veut bouvière belle !Mais un gros veau broutard
Gavé de foin et d’herbe
C’est cool comme un routard
Qui sent le joint et l’herbe ! »Le veau en fut saisi à point sur les deux faces,
Il honnit les lazzis et ses sanglots s’effacent.« – De méchantes personnes veulent me reloger
Proposant mes quartiers chez leur ami boucher ;
Et pour toute musique, alors, on ne lésine
Pas à me proposer le piano des cuisines.Quand on m’offre à jouer une pièce au théâtre,
Chaque fois on choisit vaudeville saumâtre.
Dois-je encore essuyer les rires persiffleurs,
Qui veulent en mes narines enficher persil fleur ?Je suis veau contrarié, un veau qui ne vaut rien
Dans une société de veaux et de vauriens ».Le poète surpris
Par autant de nuisances,
Maudit les malappris,
Lui prêta assistance :« – Sais-tu que les bouchers
Ont bon niveau de vie
Et font ainsi coucher
Dans d’admirables nids ?Des cuisines aussi,
Musiciens nous ramènent
Tournedos Rossini
Et poire Belle Hélène.Et quant au vaudeville,
Prétexte sur-le-champ :
C’est pour les veaux des villes !
Et tu es veau des champs !Les gros mots des banquiers
Sont plutôt le « veau d’or »,
« Oseille » est familier
Car ces gens-là t’adorent.L’humain a bien longtemps
En faux nez excellé
Alors si pour un temps
Il en décore un vrai…Là, vois ce grand chalet !
Pour le retour au calme,
Entre en toute gaité !
Ils ont vraiment la palme. »Le poète a trouvé les mots
Et apaisé le désespoir ;
Il recompte tous les fafiots
Qu’a payé le bel abattoir.16/04/10
Des mots pour le dire… Des mots pour le frire.
Vielles expressions : Fièvre de veau : tremblement d’ivresse – Veau de rivière : veau gras de qualité – Arrête-bœuf : plante épineuse – Faire pied de veau : faire révérences – Donner veau gras : accord inconditionnel – Eau de veau : bouillon de veau rafraichissant – La Belle Hélène : opéra bouffe – Faux-nez : quelqu’un qui se cache sous un déguisement – Fafiots : billets de banque.
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